Les œuvres d’art en extérieur

Les espaces publics de la ville de Cassel diffèrent de ceux d’autres villes par la présence de prestigieuses œuvres d’art en extérieur, héritées de l’histoire même de la documenta. Avec l’ouverture progressive de nouveaux lieux d’exposition, les épisodes successifs de cette manifestation ont en effet intégré peu à peu l’environnement urbain dans leur programme. Des œuvres d’art spécifiquement conçues pour un lieu donné – intervenant dans le contexte urbain directement ou comme une sorte de commentaire – font ainsi partie de la documenta depuis 1977. Dans sa recherche d’une efficacité sociétale accrue, l’art réagit en effet de plus en plus à son contexte socialement défini, afin d’élaborer de nouvelles relations avec les espaces d’exposition. L’histoire de la documenta est aussi, de cette façon, l’histoire de son expansion dans l’espace public.

Bien que toutes les œuvres et installations en extérieur soient dans le principe prévues pour être temporaires, seize créations exceptionnelles ont pu être durablement acquises à ce jour – donations ou acquisitions issues des documenta 6 (1977), documenta 7 (1982), DOCUMENTA IX (1992), documenta X (1997) et dOCUMENTA 13 (2012). Jusqu’à cette dernière, leur maintien en place n’a pas résulté d’une politique d’acquisition systématique, mais de l’engagement participatif de la population ainsi que de la diligence des artistes et des mécènes. Pour onze des seize œuvres d’art en extérieur de la documenta (dont l’installation des 7000 chênes), la ville de Cassel en a assumé la responsabilité en tant que propriétaire. Les œuvres d’art en extérieur se différencient par leurs dimensions et leur matériau, ainsi que par leurs intentions artistiques. Dans tous les cas cependant, elles sont représentatives de ce que chaque documenta entendait communiquer. Elles reflètent ainsi des étapes importantes dans l’histoire de cette exposition d’art mondiale et constituent des exemples actualisés des rapports de l’art avec les espaces urbains ou paysagers.

L’exhibition de leur vitalité place ces installations au centre de l’intérêt du public. Production et appropriation s’accomplissent sous les commentaires critiques des citoyennes et des citoyens. Leurs réactions très souvent contrastées reflètent aussi les arguments échangés dans les débats sur l’art dans un contexte public.

Horst Baumann, Laserscape Kassel (1977)

Artwork photos by © Nils Klinger

Horst Baumann, Laserscape Kassel (1977)

Symbole nocturne de la ville de la documenta et première œuvre d’art laser permanente dans le monde, la Laserscape Kassel relie des architectures historiques de fonctions et d’époques différentes, dans un réseau de relations spatiales et temporelles. Elle unit en effet huit points marquants du paysage culturel urbain. Par rapport à 1977, le tracé est aujourd’hui légèrement modifié. Partant de la tour du Museum Fridericianum, un rayon vert va jusqu’à l’octogone d’Hercule. Un autre touche d’abord la tour du Hessiches Landesmuseum, pour rejoindre ensuite l’Hercule. Dans le même temps, un autre rayon atteint d’abord le corps central de l’Orangerie, pour se diviser ensuite en trois afin de suivre les axes baroques du parc public. Ce réseau de lumières colorées au-dessus de la ville forme aussi un plan culturel immatériel de Cassel, chargé d’animer le parcours de son histoire.


Propriété de: documenta Forum


Laserscape Kassel
Horst H. Baumann
documenta 6, 1977


Horst H. Baumann : Né en 1934 à Aix-la-Chapelle. Travaille à Düsseldorf comme photographe, designer de communication et artiste de la lumière. Développement de technologies laser comme supports artistiques pour les espaces intérieurs et extérieurs. Participation à la documenta 6.


documenta 6: «L’art dans le monde des médias - Les médias dans l’art (Kunst in der Medienwelt – Medien in der Kunst)»: tel est le thème sous lequel le directeur artistique de la documenta 6, Manfred Schneckenburger, regroupe et illustre à cette occasion les formes d’art actuelles recherchant des situations médiatiques qui leur soient propres. Le concept de “médias” se décline en un ensemble de sujets tels que photographie, croquis, design utopique et autres expositions partielles. Parallèlement au thème central – La peinture comme sujet de la peinture (Malerei als Thema der Malerei) – le nouveau médium de la vidéo, en particulier, est pris en compte dans le détail. Dans le champ de tension créé entre la ville et le paysage de nature, l’art tridimensionnel ouvre en effet de nouvelles possibilités d’action. Et dans la Karlsaue sont présentés les principes de la plastique horizontale.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Anatol Herzfeld, Das Traumschiff Tante Olga (Bateau imaginaire “Tante Olga”) (1977)

Artwork photos by © Nils Klinger

Anatol Herzfeld, Das Traumschiff Tante Olga (Bateau imaginaire “Tante Olga”) (1977)

Cette embarcation de fantaisie ressemble à un bateau en papier plié, jeu d’enfants échoué sur le gazon. À bord de cet esquif remorqué par un chaland, Anatol est allé en une semaine de la station balnéaire de Dangast, sur la mer du Nord, à Cassel, via la baie de Jade, la Weser et la Fulda, pour l’ouverture de la documenta 6. Avec cette fragile nacelle, l’ambassadeur de la communauté artistique Freie Akademie Oldenburg voulait introduire les rêves d’enfant dans la documenta. Le bateau est dédié à Olga Tapken, directrice de l’établissement thermal de Dangast, dans l’enceinte duquel s’était développée la création de la Freie Akademie. Pendant l’exposition, le bateau imaginaire a été présenté sur la Karlswiese, devant l’Orangerie. Après sa donation à l’Heinrich-Schütz-Schule, il est venu s’ancrer à son point de “mouillage” actuel.


Propriété de: Ville de Cassel


Das Traumschiff Tante Olga (Bateau imaginaire “Tante Olga”)
de Anatol
documenta 6, 1977


Anatol
Né Karl-Heinz Herzfeld en 1931, à Insterburg
Forgeron, policier, et fondateur en 1975 de la communauté d’artistes Freie Akademie Oldenburg, en référence à la Freie Internationale Universität (FIU) de Joseph Beuys. Travaille principalement dans la Museuminsel Hombroich (Rhénanie-du-Nord-Westphalie). Participation aux documenta 5, 6 et 7.


documenta 6: «L’art dans le monde des médias - Les médias dans l’art (Kunst in der Medienwelt – Medien in der Kunst)»: tel est le thème sous lequel le directeur artistique de la documenta 6, Manfred Schneckenburger, regroupe et illustre à cette occasion les formes d’art actuelles recherchant des situations médiatiques qui leur soient propres. Le concept de “médias” se décline en un ensemble de sujets tels que photographie, croquis, design utopique et autres expositions partielles. Parallèlement au thème central – La peinture comme sujet de la peinture (Malerei als Thema der Malerei) – le nouveau médium de la vidéo, en particulier, est pris en compte dans le détail. Dans le champ de tension créé entre la ville et le paysage de nature, l’art tridimensionnel ouvre en effet de nouvelles possibilités d’action. Et dans la Karlsaue sont présentés les principes de la plastique horizontale.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Haus-Rucker-Co, Rahmenbau (Châssis) (1977)

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Haus-Rucker-Co, Rahmenbau (Châssis) (1977)

L’installation – accessible aux piétons – créée par le groupe de travail d’«Architecture provisoire» sert en fait de dispositif pour diriger le regard. Elle met en scène le procédé de la vision sélective et la fonction du cadre photographique. Au bord de la déclivité de la Friedrichsplatz, une grande structure de châssis légèrement inclinée en porte une autre plus petite en avant, d’un côté. Le cadre découpe ainsi une partie de la réalité, pour en faire une image de paysage. En interaction active avec l’installation, les spectateurs peuvent aussi devenir objets du spectacle: celui qui accède à la “scène” par une passerelle latérale se retrouve alors lui-même dans l’image. Là, l’expérience de l’encadrement se renouvelle en direction de l’Orangerie. Dans le même temps et dans la direction opposée, une vision s’ouvre aussi sur le centre ville. L’objet de démonstration sur la théorie de la perception est en relation avec des observatoires, des constructions astronomiques et d’autres architectures historiques destinées à intégrer l’individu dans des relations cosmiques.


Propriété de: Ville de Cassel


Rahmenbau (Châssis)
de Haus-Rucker-Co
documenta 6, 1977


Haus-Rucker-Co
Ce groupe d’architectes, de designers et d’artistes a été fondé à Vienne en 1967 par Laurids Ortner, Günter Zamp Kelp, Klaus Pinter et (à partir de 1971) Manfred Ortner. Il a travaillé jusqu’en 1992 sur des projets d’architecture critique, en rapport avec l’environnement. En 1970, le groupe a possédé un atelier à Düsseldorf ; de 1971 à 1977, à New York. Participations aux documenta 5, 6 et 8.


documenta 6: «L’art dans le monde des médias - Les médias dans l’art (Kunst in der Medienwelt – Medien in der Kunst)»: tel est le thème sous lequel le directeur artistique de la documenta 6, Manfred Schneckenburger, regroupe et illustre à cette occasion les formes d’art actuelles recherchant des situations médiatiques qui leur soient propres. Le concept de “médias” se décline en un ensemble de sujets tels que photographie, croquis, design utopique et autres expositions partielles. Parallèlement au thème central – La peinture comme sujet de la peinture (Malerei als Thema der Malerei) – le nouveau médium de la vidéo, en particulier, est pris en compte dans le détail. Dans le champ de tension créé entre la ville et le paysage de nature, l’art tridimensionnel ouvre en effet de nouvelles possibilités d’action. Et dans la Karlsaue sont présentés les principes de la plastique horizontale.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Walter de Maria, Der Vertikale Erdkilometer (Le Kilomètre terrestre vertical)(1977)

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Walter de Maria, Der Vertikale Erdkilometer (Le Kilomètre terrestre vertical)(1977)

Avec le soutien financier de la Dia-Art Foundation des États-Unis d’Amérique, Walter De Maria a fait planter dans le sol de la place située entre le Fridericianum et le monument au Landgrave une barre en laiton verticale d’un kilomètre de longueur, dirigée vers le centre de la Terre. Seule son extrémité supérieure affleure la surface du sol, encastrée dans une plaque carrée de grès rouge. L’œuvre est ainsi soustraite à la perception et “déplacée” dans la représentation du public. Dans son invisibilité radicale, la barre enfouie doit fournir l’occasion de réfléchir à la Terre et à sa place dans l’univers. Dans le même temps, l’œuvre peut aussi être conçue comme acte symbolique de restitution du précieux métal à cette même Terre pillée depuis si longtemps. À l’intersection du minimalisme, de l’art conceptuel et du Land Art, l’objet invisible participe de trois stratégies artistiques contemporaines importantes. La multiplicité de ses aspects – esthétiques, écologiques et cosmiques – fait du Kilomètre terrestre vertical une des œuvres d’art les plus significatives de la seconde moitié du xxe siècle.


Propriété de : Ville de Cassel


Le Kilomètre terrestre vertical
de Walter De Maria
documenta 6, 1977


Walter De Maria
Né en 1935 à Albany (Californie, États-Unis); mort en 2013 à Los Angeles.
Important représentant de l’art minimaliste, du Land Art et de l’art conceptuel. Participation aux documenta 4, 5 et 6.


documenta 6: «L’art dans le monde des médias - Les médias dans l’art (Kunst in der Medienwelt – Medien in der Kunst)»: tel est le thème sous lequel le directeur artistique de la documenta 6, Manfred Schneckenburger, regroupe et illustre à cette occasion les formes d’art actuelles recherchant des situations médiatiques qui leur soient propres. Le concept de “médias” se décline en un ensemble de sujets tels que photographie, croquis, design utopique et autres expositions partielles. Parallèlement au thème central – La peinture comme sujet de la peinture (Malerei als Thema der Malerei) – le nouveau médium de la vidéo, en particulier, est pris en compte dans le détail. Dans le champ de tension créé entre la ville et le paysage de nature, l’art tridimensionnel ouvre en effet de nouvelles possibilités d’action. Et dans la Karlsaue sont présentés les principes de la plastique horizontale.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Claes Oldenburg, Spitzhacke (Pioche) (1982)

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Claes Oldenburg, Spitzhacke (Pioche) (1982)

Parmi les procédés artistiques les plus connus de Claes Oldenburg figure la dénaturation d’objets quotidiens, par agrandissement de leur échelle et changement de leur matériau. Pendant les travaux préparatoires de la documenta 7, la découverte fortuite d’une pioche sur un chantier a suggéré à l’artiste l’idée de “surdimensionner” cet outil presque archaïque, étroitement lié à la reconstruction de Cassel plus qu’aux techniques actuelles du monde du travail. Par ce geste à la fois ironique et pathétique, le pop-art initialement appliqué par provocation se fait narratif. La sculpture s’inscrit ainsi par l’anecdote dans l’histoire et la topographie de la ville. Le lieu d’implantation idyllique au bord de la rivière, apparemment fortuit, marque en fait le point où l’axe prolongé de la Wilhelmshöher Allee arrive au bord de la Fulda. L’artiste reprend et amplifie ainsi – non sans distanciation ironique – le mythe d’Hercule : au lieu de sa célèbre massue, l’antique demi-dieu besogneux aurait pu lancer cet outil monumental depuis les hauteurs du Bergpark par-dessus la ville, et l’objet serait resté planté là, renvoyant à lui-même.


Propriété de: Ville de Cassel


Pioche
de Claes Oldenburg
documenta 7, 1982


Claes Oldenburg
Né en 1928 à Stockholm (Suède). Artiste objectal parmi les plus éminents représentants du Pop Art, en opposition au monde de la consommation. Vit à New York. Participations de la documenta 4 à la documenta 7.


documenta 7: le directeur de musée néerlandais Rudi Fuchs met en scène sa documenta comme un essai pour libérer l’art contemporain des intrusions et des exigences de la société: l’art doit être de nouveau abordé avec dignité et respect. L’exposition célèbre le musée comme le lieu de retraite d’un art conçu de façon autonome. Sans frais excessifs de justification théorique, les tendances actuelles – dominées par la peinture – sont présentées et développées selon le principe du dialogue. Les pièces exposées y sont confrontées en rapports formels variables. Bien qu’elle n’ait pénétré que faiblement l’espace public, la documenta 7 y a laissé des traces profondes.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Joseph Beuys, 7000 Eichen. Stadtverwaldung statt Stadtverwaltung (7000 chênes – Forestation municipale au lieu d’administration municipale) (1982-1987)

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Joseph Beuys, 7000 Eichen. Stadtverwaldung statt Stadtverwaltung (7000 chênes – Forestation municipale au lieu d’administration municipale) (1982-1987)

Il a fallu cinq années pour que la réserve de stèles accumulée dans un coin sur la Friedrichsplatz fût épuisée, et la sculpture sociale entièrement réalisée. Ce cadeau de l’artiste à la ville de la documenta avait pour condition que 7000 arbres – chacun d’eux accompagné d’une stèle de basalte – fussent plantés en 7000 points différents de la zone urbaine. Le dispositif esthétique développé et qui continue de grandir – comme aucune autre installation artistique ne le fait dans le monde entier – intervient à la fois radicalement, durablement et d’une façon immédiatement compréhensible dans la structure visuelle, écologique et sociale de l’espace de vie urbain. Cette “forestation” municipale a été réalisée grâce à une synergie constructive de l’action des artistes, de la politique communale et de l’engagement citoyen. La première et la dernière plantation ont eu lieu devant le Museum Fridericianum. Le travail permanent et délicat exigé par la plantation est aujourd’hui assumé par la ville de Cassel, avec le soutien de la Fondation 7000 Eichen. Cette réalisation est placée depuis 2004 sous l’égide de la Conservation des monuments.


Propriété de: Ville de Cassel


7000 chênes – Forestation municipale au lieu d’administration municipale
de Joseph Beuys
documenta 7 - 8, 1982 - 1987


Joseph Beuys
Né en 1921 à Krefeld (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), mort en 1986 à Düsseldorf. Développement du concept d’art élargi et de la théorie de la sculpture sociale. Considéré internationalement comme le plus important et le plus influent des artistes allemands contemporains. Participations de la documenta 3 à la documenta IX.


documenta 7: le directeur de musée néerlandais Rudi Fuchs met en scène sa documenta comme un essai pour libérer l’art contemporain des intrusions et des exigences de la société: l’art doit être de nouveau abordé avec dignité et respect. L’exposition célèbre le musée comme le lieu de retraite d’un art conçu de façon autonome. Sans frais excessifs de justification théorique, les tendances actuelles – dominées par la peinture – sont présentées et développées selon le principe du dialogue. Les pièces exposées y sont confrontées en rapports formels variables. Bien qu’elle n’ait pénétré que faiblement l’espace public, la documenta 7 y a laissé des traces profondes.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Ulrich Rückriem, Ein Granitblock… (Un bloc de granit…) (1982)

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Ulrich Rückriem, Ein Granitblock… (Un bloc de granit…) (1982)

Ce bloc compact d’une netteté saisissante occupe l’axe de la “Belle perspective”, entre le Friedrichsplatz et le Frühstückspavillon classicisant. Le titre de l’œuvre énumère en fait de façon factuelle les étapes successives du travail du sculpteur, à partir du bloc de pierre initial. Le cube minimaliste invite en outre à retracer les modes d’élaboration mentionnés et à concevoir les opérations d’intervention matérielle, ainsi que le processus consécutif de leur annulation. Les techniques de scission et de découpe sont en effet restées visibles comme des cicatrices, sous forme de trous de perçage, arêtes de cassure et lignes de découpage, sur les surfaces laissées par ailleurs brutes. L’approche de Riehm avec son bloc de granit représente une sculpture qui ne détruit pas son matériau, tout en imposant la volonté de l’artiste : elle entend l’aider non dans sa quête de l’intégrité perdue, mais dans l’approche respectueuse de sa propre force d’expression.


Propriété de: Museumslandschaft Hessen Kassel


Un bloc de granit…
de Ulrich Rückriem
documenta 7, 1982


Ulrich Rückriem
Né en 1938 à Düsseldorf. Développement d’un concept de travail minimaliste axé sur le processus même d’élaboration, pour des sculptures destinées à l’espace public. Participation aux documenta 5, 7 et 8, et à la documenta IX.


documenta 7: le directeur de musée néerlandais Rudi Fuchs met en scène sa documenta comme un essai pour libérer l’art contemporain des intrusions et des exigences de la société: l’art doit être de nouveau abordé avec dignité et respect. L’exposition célèbre le musée comme le lieu de retraite d’un art conçu de façon autonome. Sans frais excessifs de justification théorique, les tendances actuelles – dominées par la peinture – sont présentées et développées selon le principe du dialogue. Les pièces exposées y sont confrontées en rapports formels variables. Bien qu’elle n’ait pénétré que faiblement l’espace public, la documenta 7 y a laissé des traces profondes.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Max Neuhaus, Three to one (Trois pour Un) (1992)

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Max Neuhaus, Three to one (Trois pour Un) (1992)

Cet escalier remarquable avec ses parois extérieures en verre, aménagé dans l’une des toutes premières architectures de la reconstruction d’après-guerre à Cassel, a représenté pour Jan Hoet une véritable colonne vertébrale pour la topographie de son exposition. Max Neuhaus a doté ce lieu central d’une installation sonore générée électroniquement. Elle se développe sur trois étages, avec de légères modulations. Un son permanent est assigné à chaque niveau, caractérisé par une couleur sonore individuelle. Sans éléments visibles, ce Sound Work propose ainsi une structure sonore qui se déroule à la limite du perceptible. Dans la mesure où son intensité ne se situe que légèrement au-dessus du bruit environnant du monde extérieur, elle requiert une finesse de perception et de sensibilité adaptée à l’offre acoustique. Cette écoute précise élargit ainsi les aires de circulation, en les ouvrant à une expérience méditative de l’espace, dans une sphère soustraite à la temporalité.


Propriété de: Ville de Cassel


Trois pour Un
de Max Neuhaus
documenta 9, 1992


Max Neuhaus
Né en 1939 à Beaumont (Texas, États-Unis) ; mort en 2009 à Maratea, Italie. D’abord musicien expérimental, puis pionnier de l’art sonore, avec des installations spécifiquement adaptées aux lieux. Participation à la documenta 6 et à la DOCUMENTA IX.


DOCUMENTA IX: pour la première fois, une documenta renonce à la conscience de sa responsabilité comme reflet objectif du devenir artistique. Le curateur belge Jan Hoet oppose à l’identité traditionnelle de la documenta sa vision intuitive de la situation du moment. Le choix des œuvres se fait sans critères théoriques ni relations thématiques de justification ; il se réalise sous le thème «De corps en corps, vers les corps» (Vom Körper zum Körper, zu den Körpern). Ledit choix traite donc essentiellement de la corporéité et des fonctions corporelles, au moyen d’une expérience physique individuelle et d’une expérience de la réalité liée au corps. En lieu et place d’un ordre artificiel, c’est le chaos créatif qui est la notion-clé de cette documenta, dont le caractère subjectif est résolument accentué et revendiqué.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Per Kirkeby, Raumskulptur (Sculpture-espace) (1992)

Artwork photos by © Nils Klinger

Per Kirkeby, Raumskulptur (Sculpture-espace) (1992)

En 1977, pour la documenta 7, Per Kirkeby a fait construire derrière l’Orangerie une sculpture en briques, très appréciée par le public, mais qu’il a fallu déplacer pour des raisons de sécurité statique. Deux documenta plus tard, pour la remplacer, cette sculpture-espace a été érigée à l’extrémité de la documenta-Halle, sur des principes formels comparables. Sa maçonnerie de briques anonymes, sans marques individuelles de fabrication, assimile celles-ci à une pure fonction technique qui les oppose au matériau utilisé pour la documenta-Halle. Dans les méandres de cette architecture sculpturale, l’intérieur et l’extérieur se fondent en un concept d’espace qui peut être vécu – en parcourant l’œuvre – comme une alternance de compacité et de transparence, d’ouverture et de fermeture.


Propriété de: Ville de Cassel


Sculpture-espace
de Per Kirkeby
documenta 9, 1992


Per Kirkeby
Né en 1939 à Copenhague (Danemark). Après une formation de géologue, l’artiste travaille depuis les années soixante comme peintre, sculpteur et architecte. Participation à la documenta 7 et à la DOCUMENTA IX.


DOCUMENTA IX: pour la première fois, une documenta renonce à la conscience de sa responsabilité comme reflet objectif du devenir artistique. Le curateur belge Jan Hoet oppose à l’identité traditionnelle de la documenta sa vision intuitive de la situation du moment. Le choix des œuvres se fait sans critères théoriques ni relations thématiques de justification ; il se réalise sous le thème «De corps en corps, vers les corps» (Vom Körper zum Körper, zu den Körpern). Ledit choix traite donc essentiellement de la corporéité et des fonctions corporelles, au moyen d’une expérience physique individuelle et d’une expérience de la réalité liée au corps. En lieu et place d’un ordre artificiel, c’est le chaos créatif qui est la notion-clé de cette documenta, dont le caractère subjectif est résolument accentué et revendiqué.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Thomas Schütte, Die Fremden (Les Étrangers) (1992)

Artwork photos by © Nils Klinger

Thomas Schütte, Die Fremden (Les Étrangers) (1992)

Surmontant le portique à colonnes de l’ancien Palais rouge se trouve un groupe d’hommes en habits folkloriques bariolés, débarqués là avec leurs bagages improvisés – personnages apparemment perplexes aux origines ethniques et géographiques visiblement variées. Ces étrangers schématisés dans une représentation faussement naïve symbolisent en fait l’absence d’intégration sociale et le rejet. Êtres humains socialement marginalisés, ils regardent du haut de leur position précaire, les yeux baissés, la circulation et l’activité de la place à leurs pieds, sans pouvoir prendre part à la vie de la cité. À la suite des mouvements récents de réfugiés et de migrants à l’échelle mondiale, le groupe sculpté de Schütte est devenu, depuis son installation, d’une actualité croissante sur le plan sociopolitique. L’installation – qui comportait initialement douze éléments – peut en outre être considérée comme un contrepoint très actuel aux six allégories classicisantes ornant le portique du Museum Fridericianum voisin.


Propriété de: SinnLeffers GmbH Kassel, Ville de Cassel


Les Étrangers
de Thomas Schütte
documenta 9, 1992


Thomas Schütte
Né en 1954 à Oldenburg (Basse-Saxe). Dans sa volonté d’échapper à tout classement ou étiquetage définitif, Schütte – par la gravure, le dessin et la sculpture – est devenu l’un des artistes contemporains les plus polyvalents. Participation à la documenta 8, la documenta ix et la documenta x.


DOCUMENTA IX: pour la première fois, une documenta renonce à la conscience de sa responsabilité comme reflet objectif du devenir artistique. Le curateur belge Jan Hoet oppose à l’identité traditionnelle de la documenta sa vision intuitive de la situation du moment. Le choix des œuvres se fait sans critères théoriques ni relations thématiques de justification ; il se réalise sous le thème «De corps en corps, vers les corps» (Vom Körper zum Körper, zu den Körpern). Ledit choix traite donc essentiellement de la corporéité et des fonctions corporelles, au moyen d’une expérience physique individuelle et d’une expérience de la réalité liée au corps. En lieu et place d’un ordre artificiel, c’est le chaos créatif qui est la notion-clé de cette documenta, dont le caractère subjectif est résolument accentué et revendiqué.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Jonathan Borofsky, Man Walking To The Sky (Homme marchant vers le ciel) (1992)

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Jonathan Borofsky, Man Walking To The Sky (Homme marchant vers le ciel) (1992)

Au contraire d’autres œuvres en extérieur de la documenta, l’installation pleine d’élan de Jonathan Borofsky connaît toujours un notable succès public. Érigée en 1992 devant le Museum Fridericianum à l’occasion de la DOCUMENTA IX, elle a trouvé en 1995 son emplacement définitif grâce au mécénat et à la participation des citadins. Malgré sa position critique délicate entre ascension et chute (la fin du parcours est bien en vue), le personnage gravissant d’un pas décidé le tube d’acier élancé est devenu un symbole emblématique d’espérance positive pour la région de Cassel. Dans le même temps, cette silhouette hardie, jaillie tout droit de la terre, est également conçue comme une incarnation des menaces pesant sur l’existence. Dans son optimisme aveugle, ce marcheur intrépide progresse vers le ciel, sans s’inquiéter des difficultés de sa marche impétueuse en avant. Malgré cette connotation, l’œuvre devenue populaire est fréquemment reprise comme motif de publicité favori pour le tourisme, les productions et les services locaux.


Propriété de: Ville de Cassel


Homme marchant vers le ciel
de Jonathan Borofsky
documenta 9, 1992


Jonathan Borofsky
Né en 1942 à Boston (Massachusetts, États-Unis). Essentiellement créateur de grandes sculptures en espace public. Vit à Ongunquit (Maine, États-Unis). Participation aux documenta 7 et 8, et à la DOCUMENTA IX.


DOCUMENTA IX: pour la première fois, une documenta renonce à la conscience de sa responsabilité comme reflet objectif du devenir artistique. Le curateur belge Jan Hoet oppose à l’identité traditionnelle de la documenta sa vision intuitive de la situation du moment. Le choix des œuvres se fait sans critères théoriques ni relations thématiques de justification ; il se réalise sous le thème «De corps en corps, vers les corps» (Vom Körper zum Körper, zu den Körpern). Ledit choix traite donc essentiellement de la corporéité et des fonctions corporelles, au moyen d’une expérience physique individuelle et d’une expérience de la réalité liée au corps. En lieu et place d’un ordre artificiel, c’est le chaos créatif qui est la notion-clé de cette documenta, dont le caractère subjectif est résolument accentué et revendiqué.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Lois Weinberger, Das über die Planzen/ist eins mit Ihnen (Ce qui est au-dessus des plantes est à l’unisson avec elles) (1997)

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Lois Weinberger, Das über die Planzen/ist eins mit Ihnen (Ce qui est au-dessus des plantes est à l’unisson avec elles) (1997)

Ce biotope de Lois Weinberger a les allures d’un secteur abandonné du Kulturbahnhof. Dans le ballast de la voie 1 désaffectée, l’artiste a mélangé des néophytes à la végétation rudérale locale. Les plantes à croissance rapide introduites de l’Europe du Sud et du Sud-Est connaissent une grande expansion, évinçant progressivement la flore indigène. Weinberger interprète ce processus botanique – toujours en cours – comme une métaphore des processus sociaux. Le phénomène des migrations à l’échelle mondiale devient ainsi le sujet d’une œuvre d’art écologique. Dans cette évolution naturelle déclenchée artificiellement, l’artiste aborde, par l’exemple du monde végétal, la relation conflictuelle de l’étranger avec l’indigène. La compréhension de la nature doit permettre celle de la société. Le comportement d’une société à l’égard des plantes est pour Weinberger une image miroir d’elle-même.


Propriété de: DB Station & Service AG


Ce qui est au-dessus des plantes est à l’unisson avec elles
de Lois Weinberger
documenta 10, 1997


Lois Weinberger
Né en 1947 à Stams (Tyrol, Autriche). Vit à Vienne. Objets, installations, dessins, interventions localisées ciblées sur des problèmes écologiques actuels. Participation à la documenta X.


documenta X: la conservatrice française Catherine David – première femme à occuper la direction artistique – amplifie la documenta en la faisant passer du statut d’exposition à celui de «manifestation culturelle». Dans l’intention de thématiser les problèmes sociaux fondamentaux du présent, elle met l’accent sur la théorie et sur les formes du discours. Par le biais d’une politisation systématique et cohérente, la documenta devient ainsi un laboratoire et un lieu d’apprentissage, qui cherchent à éviter les tendances spectaculaires. La puissance théorique du concept se reflète aussi dans la structure rectiligne du parcours de l’exposition, selon lequel les lieux d’événement s’ordonnent, entre le Kulturbahnhof et les rives de la Fulda. En guise de “rétroperspective” sur la fin du siècle, des regards ponctuels en arrière permettent aussi de vérifier «l’actualité» de certaines prises de position des décennies antérieures.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Giuseppe Penone, Idee di pietra (Idées de pierre) (2003/2008/2010)

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Giuseppe Penone, Idee di pietra (Idées de pierre) (2003/2008/2010)

De prime abord, c’est un arbre; en y regardant de plus près, il se révèle que c’est le moulage en bronze d’un noisetier. Il supporte, dans sa cime étêtée, un gros bloc erratique de granit. C’est deux ans avant l’ouverture de la documenta, le 21 juin 2010 (le plus long jour de l’année) à midi, que fut installé ce premier objet de l’exposition à venir. Penone – représentant de l’Arte Povera, pour qui l’arbre est un thème de création central – rattache à la combinaison bronze-pierre une théorie complexe sur la relation entre peinture et sculpture, en relation avec les forces de la nature environnante. Selon l’artiste, la peinture serait un procédé de dissimulation, tandis que la sculpture tendrait plutôt à mettre en lumière. La couleur fluide, comme le bronze de la coulée, serait soumise à la pesanteur, tandis que la sculpture exprimerait au contraire la force opposée. De la même façon, le monde végétal – ici : l’arbre qui pousse – échapperait à la pesanteur terrestre grâce au secours de la lumière et malgré la pesanteur de la pierre. Coulé dans le bronze, c’est donc un moment de l’histoire naturelle qui est ici fixé dans la durée.


Propriété de: Ville de Cassel


Idées de pierre
de Giuseppe Penone
documenta 13, 2012


Giuseppe Penone
Né en 1947 à Garessio (Piémont, Italie). Un des principaux représentants de l’Arte Povera. Vit à Turin et Paris. Participation aux documenta 5, 7 et 8, et à la dOCUMENTA (13).


dOCUMENTA (13): la conservatrice américaine Carolyn Christov-Barkargiev axe son exposition sur le binôme conceptuel «Effondrement et reconstruction» (Collapse and Recovery) – simultanément dans l’histoire de Cassel et dans celle de la documenta. Des problèmes actuels dans les domaines politique, scientifique, écologique et économique sont abordés sous l’angle d’une vision holistique et non anthropocentrique du monde. Débordant de toutes parts les frontières, le rayon de compétence antérieur de la série d’expositions s’étend aussi à des domaines non artistiques du savoir. Sur la base du scepticisme philosophique, le «lieu de la mise en scène de la subjectivité» évite les prises de position contraignantes sur l’art et sur le monde où il se trouve.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Lawrence Weiner, DIE MITTE VON DIE MITTE VON DIE MITTE VON (LE MILIEU DU MILIEU DU MILIEU DE) (2012)

Artwork photos by © Nils Klinger

Lawrence Weiner, DIE MITTE VON DIE MITTE VON DIE MITTE VON (LE MILIEU DU MILIEU DU MILIEU DE) (2012)

La dOCUMENTA (13) s’est tellement répandue dans l’agglomération urbaine en 2012 qu’elle n’a plus ni centre ni point de gravité défini. Son programme évite soigneusement toute mise en valeur d’un point central. Partant de cet “déhiérarchisation” de l’exposition, Lawrence Weiner a précisément abordé le problème de ce point central avec un texte mural multicolore. Il a “verbalisé” la tentative de confinement d’un point de vue concret, qui présuppose une structure concentrique et fermée. En une répétition à valeur de conjuration, son inscription au pochoir pose la question à ceux qui déterminent ce qu’est le centre de quelque chose et où il se trouve. Et cette question est en même temps celle de la validité de toute définition en art. Est alors également abordée, sous un angle critique, cette tâche dont la documenta s’est elle-même fait une spécialité depuis des décennies.


Propriété de: GCH Hotels GmbH


LE MILIEU DU MILIEU DU MILIEU DE
de Lawrence Weiner
documenta 13, 2012


Lawrence Weiner
Né en 1942 à New York. Une des figures centrales de l’art conceptuel, actif sur le plan international essentiellement avec des travaux textuels à base linguistique dans l’espace public. Participations aux documenta 5, 6, 7 et à la dOCUMENTA (13).


dOCUMENTA (13): la conservatrice américaine Carolyn Christov-Barkargiev axe son exposition sur le binôme conceptuel «Effondrement et reconstruction» (Collapse and Recovery) – simultanément dans l’histoire de Cassel et dans celle de la documenta. Des problèmes actuels dans les domaines politique, scientifique, écologique et économique sont abordés sous l’angle d’une vision holistique et non anthropocentrique du monde. Débordant de toutes parts les frontières, le rayon de compétence antérieur de la série d’expositions s’étend aussi à des domaines non artistiques du savoir. Sur la base du scepticisme philosophique, le «lieu de la mise en scène de la subjectivité» évite les prises de position contraignantes sur l’art et sur le monde où il se trouve.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Jimmy Durham, Arkansas Black Apple Tree (Pommier noir de l’Arkansas) (2012)

Artwork photos by © Nils Klinger

Jimmy Durham, Arkansas Black Apple Tree (Pommier noir de l’Arkansas) (2012)

La plantation d’arbres est une activité assez fréquente dans le cadre de la documenta. Après la forestation municipale (Stadtverwaldung) imaginée par Beuys et l’arbre en bronze conçu par Penone, Carolyn Christov-Barkargiev et Jimmie Durham ont planté le 25 octobre 2011 deux pommiers dans l’ancien verger de la Karlsaue. Le premier (baptisé KZ-3) était un pommier de Korbinian – en mémoire de Korbinian Aigner, prêtre interné à Dachau pour son opposition au nazisme, et qui avait réussi à créer et élever dans ce contexte quatre nouvelles variétés de pommes (KZ-1 à KZ-4). Cet arbre a été détruit en 2015 par des inconnus. A survécu en revanche le second arbre planté en 2011, le pommier noir de l’Arkansas (Arkansas Black Apple Tree), dont les gros fruits étranges, à peau presque noire, rappelaient à Durham son enfance aux États-Unis. Le pommier, élément de la dimension écologique de la dOCUMENTA (13), représentait pour la directrice artistique le symbole même de son exposition : l’emblème d’un organisme vivant qui acquiert progressivement une stature grâce à la collaboration des énergies créatrices.


Propriété de: Museumslandschaft Hessen Kassel


Pommier noir de l’Arkansas
de Jimmie Durham
documenta 13, 2012


Jimmie Durham
Né en 1940 à Washington (Arkansas, États-Unis). Artiste multimédia et activiste politique en faveur des droits des peuples indigènes. Participations à la DOCUMENTA IX et à la dOCUMENTA (13).


dOCUMENTA (13): la conservatrice américaine Carolyn Christov-Barkargiev axe son exposition sur le binôme conceptuel «Effondrement et reconstruction» (Collapse and Recovery) – simultanément dans l’histoire de Cassel et dans celle de la documenta. Des problèmes actuels dans les domaines politique, scientifique, écologique et économique sont abordés sous l’angle d’une vision holistique et non anthropocentrique du monde. Débordant de toutes parts les frontières, le rayon de compétence antérieur de la série d’expositions s’étend aussi à des domaines non artistiques du savoir. Sur la base du scepticisme philosophique, le «lieu de la mise en scène de la subjectivité» évite les prises de position contraignantes sur l’art et sur le monde où il se trouve.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

Janet Cardiff und Georges Bures Miller, Alter Bahnhof Video Walk (Parcours vidéo de l’Alter Bahnhof) (2012)

Artwork photos by © Nils Klinger

Janet Cardiff und Georges Bures Miller, Alter Bahnhof Video Walk (Parcours vidéo de l’Alter Bahnhof) (2012)

Avec son Alter Bahnhof Video Walk, le couple d’artistes a développé un support original de médiation historique. Cette réalisation propose un parcours sur l’emprise du Kulturbahnhof de Cassel, grâce à un lecteur multimédia qu’on peut louer sur place avec une paire d’écouteurs. L’écran affiche une vidéo qui présente de façon vivante, par l’image et par le son, l’histoire de l’ancienne gare centrale de Cassel. Des clichés d’époque, des scènes pré-enregistrées, des commentaires, de la musique et des bruitages font revivre le passé du lieu. Lorsque les promeneurs suivent les suggestions de la vidéo, ils voient sur l’écran les lieux mêmes où ils se trouvent réellement. Si l’on essaye alors d’adapter les événements représentés à la réalité présente, il naît un curieux sentiment de désarroi et d’énervement – une atmosphère un peu effrayante de concomitance, à la faveur de laquelle les niveaux de réalité s’interpénètrent, par superposition du passé et du présent.


Propriété de: Ville de Cassel


Parcours vidéo de l’Alter Bahnhof
de Janet Cardiff & George Bures Miller
documenta 13, 2012


Janet Cardiff
Née en 1957 à Brussels (Ontario, Canada)
George Bures Miller: Né en 1960 à Vegreville (Alberta, Canada)
Couple d’artistes travaillant en collaboration sur des projets multimédia, en Europe et au Canada. Participation à la dOCUMENTA (13).


dOCUMENTA (13): la conservatrice américaine Carolyn Christov-Barkargiev axe son exposition sur le binôme conceptuel «Effondrement et reconstruction» (Collapse and Recovery) – simultanément dans l’histoire de Cassel et dans celle de la documenta. Des problèmes actuels dans les domaines politique, scientifique, écologique et économique sont abordés sous l’angle d’une vision holistique et non anthropocentrique du monde. Débordant de toutes parts les frontières, le rayon de compétence antérieur de la série d’expositions s’étend aussi à des domaines non artistiques du savoir. Sur la base du scepticisme philosophique, le «lieu de la mise en scène de la subjectivité» évite les prises de position contraignantes sur l’art et sur le monde où il se trouve.


Informations supplémentaires: www.documenta-historie.de

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